samedi 1 novembre 2014

La Profection en Astrologie

La Profection :

La profection (appelée en persan ; borj-i intihā’ : la station finale, le signe terminal) est l’une des plus importantes techniques de pronostiques astrologiques utilisées par les akhtarmârs (astrologues) Perses, ainsi que tous les grands astrologues de l’antiquité. Elle est essentiellement utilisée avec la révolution solaire, les fardâriât (fridaire) et les transits. Ces techniques se complètent les unes les autres et se combinent de façon très perspicace et ingénieuse. Du latin « pro » et « facere », la profection signifie donc faire avancer. Le principe consiste à faire avancer, d’un signe par an, l’ascendant et les planètes sur la roue du zodiaque. Exemple si votre ascendant natal se trouve à 17°de Lion, au moment de votre naissance, 17 ans plus tard votre ASC profecté sera à 17° de Sagittaire, et Jupiter sera le maître de l’année. Tous les 12 ans, les planètes ainsi que l’ASC se retrouvent à leur emplacement d’origine.  


La Roue de la Profection 


Quelle Domification utiliser pour réussir les Profections :

Si la profection révèle l’influence et la volonté divine des cieux (le Zodiaque) sur la vie du natif, la révolution solaire démontre plus précisément, dans quel secteur terrestre cette influence se manifeste et se matérialise à travers les XII maisons traditionnelles de l’horoscope natal. En astrologie persane le maître de l’année est appelé Sālkhodāy. Les profections se calculent traditionnellement le jour de l’anniversaire. Pour faciliter les calculs, je suggère de reconfigurer l’horoscope natal à profecter en le calculant dans le système des domifications des maisons égales, car c’est ainsi que les anciens astrologues de l’antiquité, comme le grand Abu Ma’shar, le maître Andarzaghâr, mais aussi Vettius Valens et Manilius opéraient. Afin de simplifier les profections, je propose la méthode du grand mathématicien et astrologue italien Junctin de Florence (Franciscus Junctinus 1522-1580) d’après son fameux ouvrage Speculum Astrologiae, en partie traduit et publié en 1960 par « les Cahier Astrologique ». Pour calculer les profections Juctin se réfère aux enseignements d’Abu Ma’shar et utilise une méthode simplifié du maître.

Calcule des Profections
D’après la méthode simplifiée d’Abu Ma’sar
Reprit par Junctin de Frorence

Pour trouver à quel signe les profections annuelles de l’Orient (ASC) du Medium-Cœli (MC) et des Sept Planètes, parviendront dans les années de l’âge du né tu établiras une table des profections de la façon suivante. Place dans une première colonne les années de l’âge du né de 1 à 12. Dans une seconde colonne de 13 à 24, dans une troisième, de 25 à 36 et ainsi de suite jusqu’aux dernières années de l’âge du né. Puis à droite de ces années sur la ligne de la première année inscris le signe Ascendant, en deuxième lieu le signe de la Lune, en troisième lieu le signe du Soleil et de même pour le signe de chaque planète. Ensuite inscris en descendant depuis le commencement de ces colonnes les signes en suivant l’ordre des signes ; la table sera ainsi établie.   


Comment utiliser le tableau :


L’exemple ci-dessus provient de l’horoscope d’un individu dont nous ignorons la date de naissance. Nous savons en revanche que son ASC est situé à 6°33’ du signe de Lion, que sa Lune natale est à 0°24 du Scorpion , que son Soleil natal est à 4°45’ du signe de Lion en conjonction avec l’ASC et ainsi de suite. A présent si nous voulons trouver à quel signe se trouvera l’ASC du natif à l’âge de 28 ans, il nous suffit de repérer le chiffre 28 dans la colonne des années de naissances, en l’occurrence à la quatrième ligne en-dessous du chiffre 27, et de vérifier ensuite sur la colonne de l’ASC, le signe du Scorpion. Ainsi l’ASC du né à l’âge de 28 ans sera profecté à 6°33’ de Scorpion. On peut procéder de même pour les autres planètes.
Si vous souhaitez d’utiliser ce tableau pour votre usage personnel (ou tout autre horoscope) il vous suffit donc de rentrer vos coordonnées de naissance dans la case des planètes. Par exemple si votre ASC est à 17° 33’du Sagittaire, vous inscrivez 17° 33’sous l’ASC dans la première rangée à gauche, puis en-dessous (à la place du signe du Lion) le signe du Sagittaire et ainsi de suite pour les autres planètes.

L’interprétation des Profections

Les profections sont plus qu’une simple formule de pronostic astrologique, la logique des profections est implacable et reflète et englobe à la fois tout le mécanisme cosmique de l’astrologie et des cycles Jupitériens de 12 ans (tous les 12 ans l’ASC et les planètes se retrouvent au point de départ). En astrologie persane l’examen des profections est associé avec l’examen des fardâriât (fridaires) et des retours solaires. Il existe en effet deux sortes de successions astrologiques et cycliques dans l’évolution d’un horoscope natal. La première est la succession planétaire, représentée par les Cosmocrates et les fardâriât, et la succession zodiacale qui est les profections. (suite : L'Astrologie Perse- Livre en préparation).

                                      Qantoures : Constellation du Centaure Loup 




COMMENT CALCULER LES
PROFECTIONS

« Si le maître de VII se trouve en maison I, le natif prendra une femme qui sera hostile à son égard. »
                                                 Rhétorius l’Egyptien

En astrologie persane, les Profections de l’ASC et des planètes sont une technique utilisée en complément avec les Révolutions Solaires. Basée sur les cycles duodénaires, la profection consiste à faire avancer l’ASC et les planètes d’un signe entier (30°) par an. Elle sert donc à dévoiler l’influence céleste ou l’évolution zodiacale de l’année en cour. Par exemple si votre ASC natal est à 12° de Lion, la deuxième année de votre naissance votre ASC profecté sera à 12° de la Vierge.  
La Révolution Solaire, sert en revanche à plutôt démontrer l’emplacement terrestre des influes célestes, c’est-à-dire dans laquelle des douze maisons (arabe : bayt) de l’horoscope (persan : zāyča) l’action des astres aura lieu. Ainsi dans la profection, les degrés de l’ASC et des planètes restent toujours les mêmes, seuls changent leurs emplacements dans les signes (persan : borj) du zodiaque.

Pour calculer une profection nous allons utiliser l’exemple concret d’une personne dont le destin est fortement marqué par la sombre emprise du seigneur Kaywān (Saturne). Né le 20 Mars 1984 à 19h55 à Rennes en Bretagne, J-Alerig est un jeune homme à la recherche de son identité spirituelle. Lorsqu’il débuta sa période de Saturne, je lui prédis sans vraiment y croire, et tout en voulant user d’une métaphore, qu’il allait se retrouver isolé, perdu quelque part au fin fond d’un monastère dans le sud de la France. Et par les saints mystères d’Hécate, c’est exactement ce qu’il lui arriva, à peine un an après la terrible prophétie. 
  
Ayant perdu son travail puis son appartement, et n’ayant plus aucun repaire à Paris, il chercha refuge auprès de l’Eglise et pendant environ 7 ans, il séjourna dans divers monastères situés dans le sud de la France, jusqu’à ce qu’un beau jour il réapparu soudainement à Paris, où il fut reçu par une jeune demoiselle, avec qui il eut une brève relation amoureuse qui ne dura que 24 heures, puis à nouveau il regagna le silence austère de son monastère loin de la civilisation.  

Il faut reconnaître que pour qu’un moine novice, qui a passé plus de 7 ans dans la solitude, et qui de plus a fait vœux de célibat, il devrait forcément y avoir une configuration astrologique très particulière pour pousser un moine à se retrouver du jour au lendemain dans les bras d’une femme ! Pourtant après l’examen de son horoscope d’après les paramètres de l’astrologie occidentale (les transits), je n’ai trouvé absolument rien qui aurait pu justifier un tel revirement de situation ! Alors j’ai eu recours à la profection et après calcul, voici ce que les astres nous révèlent :



      Calcule de la Profection :

Si vous calculez à la main, référer vous au tableau des profections à la page 199. Pour trouver l’ASC profecté, procédez comme suit ; l’événement a eu lieu fin décembre 2014. Pour calculer les événements du 2014 vous prenez l’année 2013. En 2013 Alerig a 29 ans : Divisez 29 par 12 ; 29 ÷ 12 = 2,  donc 2 x 12 = 24, plus un reste de               6, 24 + 6 = 29. Donc l’ASC d’Alerig pour l’an 2013 se trouve 6 signes plus loin, c’est-à-dire en Poisson.
Pour calculer une profection, et afin de faciliter l’interprétation et éviter toute complication éventuelle, vous devez calculer l’horoscope de naissance en domification Egale. Cette domification est celle qui a été utilisée par les astrologues Perses de l’antiquité (Taswiat al-boyut), mais aussi par les astrologues Grecs (Modus Aequalis) comme Manilius ou Ptolémée, ainsi que les astrologues Védiques (Sripati).
Si vous calculez avec une logiciel vous devez procédez comme ceci :

-       Dans la case de la date vous inscrivez « la date de naissance », (jour et mois) dans ce cas le 20/03, puis vous ajoutez la date de l’année en cours, en l’occurrence 2013. Une profection se calcule toujours sur la base de la date de naissance (comme une révolution solaire).
-       Si votre logiciel vous donne plusieurs propositions, vous choisissez la case Profection (1 an = une maison). Dans le cas où la proposition Planètes Profectés n’y est pas inclus, cochez la case ; « avec planètes profectés ».  

Ces subtilités résolues, lancez les calculs. Voici la profection d’Alarig pour l’année 2013.


 Comme vous pouvez le constater la première chose qui tombe sous le sens, c’est l’ASC profecté à 7° des Poissons. Ainsi l’ASC profecté tombe en conjonction directe avec la Venus natale, une Venus qui se trouve en exaltation en Poisson et en maison V, recevant à la fois un sextile de Jupiter et un Trigone du MC et également un trigone de la Lune. Une Venus qui elle-même est conjointe avec la part de mariage et des contrats légaux, toujours à 7° des Poissons !    
Pourtant la relation ne dura pas : Venus conjointe cuspide de la maison VI, maître de VIII et de l’ASC dans le radix.